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Al Jinan الجنان

Abstract

La reproduction architecturale dans un texte littéraire influence de près la structure romanesque et constitue le fondement de cette dernière. Ainsi, le fait de restituer dans un récit un modèle architectural engendre nécessairement un processus de création langagière exceptionnelle. Dans un récit fantastique, le modèle architectural est conçu d’un œil subjectif ; il s’agit pour la plupart des fois d’un espace ou d’un monde passé qui se ranime et reprend vie aux yeux de l’observateur. Et comme la représentation architecturale est fortement liée à la subjectivité du contemplateur, elle constitue sans doute le reflet de son imagination et de ses fantasmes; bref, elle s’avère être le miroir de son inconscient. La reproduction de la ruine et la description des vestiges dans l’œuvre gautiéresque forment l’unité du récit et déterminent sa progression. Dans Arria Marcella de Théophile Gautier, on remarque l’existence d’une analogie entre l’objet architectural mis en question et le texte littéraire. La reproduction de l’image de la ruine de Pompéi semble transformer la construction textuelle ; elle transpose celle-ci de façon à en faire un récitreflet d’un espace qui se métamorphose pour reprendre vie et restituer un passé. Ainsi, l’art d’écrire peut être défini comme étant l’art de bâtir avec les mots. Nous tenterons, dans ce travail, d’expliquer la place primordiale qu’occupe l’architecture dans l’œuvre de Gautier et de montrer comment l’auteur a exploité et réinvesti la représentation de la ruine dans son texte. Cette étude a pour objectif de mettre en lumière le rapport qui existe entre l’écrivain (architecte du texte littéraire) et l’architecte, voire, de souligner le lien entre l’art de bâtir et de contempler d’une part et l’art d’écrire et de lire de l’autre.

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