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Al Jinan الجنان

Abstract

Dans cet article, nous nous intéressons à la réalité du phénomène de compétence dans le système didactique libanais, et plus particulièrement au programme des mathématiques de la classe EB1. D’abord, nous procèderons par une revue historique sur les différentes approches du curriculum libanais des mathématiques en comparant leurs objectifs. Nous parlerons de l’introduction d’un terme nouveau dans les objectifs du curriculum, celui de compétences. Nous chercherons
en particulier, à savoir pourquoi les compétences occupent une place centrale dans notre système didactique.
Nous étudierons l’organisation des contenus mathématiques du programme et du manuel de la classe d’EB1 dans une fin de montrer comment l’acquisition d’une compétence est confirmée suite au franchissement de quatre paliers qui hiérarchisent l’activité de l’élève.
Dans cet article, nous nous intéressons à la réalité du phénomène de compétence. Dans son livre «Du savoir savant au savoir enseigné» Chevallard (1985) parle de la transformation des savoirs mathématiques en savoirs scolaires dans les curricula, puis dans les programmes, puis dans les manuels et enfin dans les classes. Il note que la transposition
didactique est une transformation normale à laquelle nul n’échappe lorsqu’il veut transmettre un savoir. Nous affirmons que tous ces savoirs mis en jeu sont en interaction étroite et se transforment les uns les autres, lorsqu’un d’entre eux évolue, les autres subissent aussi une évolution. Mais, leurs évolutions et leurs circulations dépendent d’une entité théorique, le décideur du processus de transposition didactique, la noosphère. Une question se pose : comment la noosphère agit-elle pour rétablir l’existence simultanée du système d’enseignement et de l’environnement
L’action de la noosphère s’oriente avant tout sur les contenus d’enseignement. Elle contrôle la circulation des savoirs dans l’enseignement, dans l’environnement sociétal(1) et aussi entre les deux. Son rôle primordial est d’introduire les objets mathématiques reconnus par la société et la communauté des mathématiciens pour qu’ils deviennent des références pour des objets d’enseignement, tout en maintenant l’équilibre entre l’école et l’environnement. Puis, elle fait des
rattachements de «nouvelles» notions aux autres, ainsi que des nouvelles formulations pour qu’elles trouvent leur place dans le savoir à enseigner. Après l’introduction officielle d’une notion dans la liste linéaire d’un programme, la noosphère doit travailler l’intégration de celle-ci parmi les autres notions à enseigner sans qu’elles perdent leur place, et sans qu’elles soient altérées par cette introduction. Mais, à notre avis, cette modification est moins coûteuse que celle des méthodes et des pratiques d’enseignement qui s’avère plus difficiles à appliquer.

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